Avant même de discuter du fond, une question s’impose : à quoi bon passer des heures à négocier un plan égalité femmes‑hommes si les résultats sont ceux que montre le RSU ? Si le dialogue social consiste à valider des dispositifs qui laissent prospérer — voire s’aggraver — les écarts de rémunération, il ne faudra pas compter sur la CGT pour cautionner ce simulacre. Le sujet doit être travaillé en profondeur, avec des engagements réels, des moyens, et une volonté politique de rectifier la trajectoire.
Car voici un tableau qui se suffit à lui‑même. Les explications du rectorat peinent à convaincre, et les chiffres issus des deux derniers RSU parlent d’eux‑mêmes :
Rémunérations nettes moyennes en euro pour chaque décile lors des années 2023-2024 et 2024-2025

Le constat est sans ambiguïté : les femmes sont, à tous les niveaux de rémunération, moins bien payées que les hommes. Et loin de se résorber, l’écart se creuse. Les femmes progressent moins vite, restent concentrées dans les bas salaires, tandis que les hommes sont surreprésentés dans les rémunérations les plus élevées. L’écart moyen avoisine les 25 %, un niveau difficilement compatible avec le principe d’égalité de traitement censé structurer la fonction publique.
Face à ces chiffres, le rectorat avance une justification : le recrutement massif d’AESH, dont les rémunérations très basses tireraient mécaniquement les salaires féminins vers le bas.
En réalité, l’argument peut tenir pour les 20 % de personnels les moins rémunérés, c’est‑à‑dire le premier décile et une partie du deuxième.
Mais il ne résiste pas à l’analyse des autres niveaux de rémunération. Pour la CGT, ce qui creuse fortement les écarts ce ne sont pas les traitements indiciaires, mais tout ce qui vient s’y ajouter : missions complémentaires, heures supplémentaires, primes, indemnités, fonctions particulières, postes à responsabilité, charges administratives ou pédagogiques valorisées, compléments de service.
Après des années de « plans égalité femmes‑hommes », des heures de négociation de ce même plan -aussi- les écarts ne diminuent pas : ils augmentent.
La CGT exprime qu’il est hors de question pour elle de cautionner « un prétendu dialogue social » si c’est pour de si piètre résultats. Elle demande que soit engagé un travail de fond et que les actes suivent : diagnostic complet, décile par décile, métier par métier, une analyse précise des primes, indemnités et missions complémentaires, formation égalité pour ceux qui attribue les missions, un plan de correction et de suivi pluriannuel…
Le Recteur qui découvrait cette réalité a semblé aussi troublé que nous par cette dérive discriminatoire : « cet écart est un sujet en soi », il faut l’analyser et travailler à sa résorption. Un autre bon point. Un autre objet de vigilance et de bagarre pour la CGT.
