Le CSA s’est ouvert dans un climat contrasté, entre les annonces rassurantes de la rectrice concernant la collègue agressée à Sanary et les alertes répétées des organisations syndicales. La CGT a rappelé que les difficultés du service public d’éducation ne relèvent ni d’un manque d’engagement des personnels ni d’un défaut de dialogue, mais d’un pilotage qui persiste à ignorer les réalités du terrain et à s’en protéger derrière des dispositifs institutionnels qui ne répondent à aucune des urgences vécues.
C’est dans ce contexte que nous avons clarifié notre position sur la militarisation croissante de l’école. Nous ne nous attendions pas à ce que la rectrice nous donne raison, et ce ne fut pas le cas, mais nous maintenons nos propos. Nous réaffirmons notre attachement à la paix et aux valeurs de paix. Et pour éviter toute caricature, nous avons rappelé que la CGT n’est pas hostile à l’armée. Nous sommes pour une armée dont les missions se définissent au service de la population. Lorsque, après l’incendie du Faron en 1987, l’armée a été mobilisée pour replanter et reboiser, nous étions pour. Quant à l’industrie de l’armement, nous défendons l’idée que la recherche militaire doit développer la dualité des technologies afin qu’elles puissent servir à des usages civils utiles, notamment en matière de sécurité incendie.
Mais pour ce qui est de l’Éducation nationale, nous nous inquiétons de la marche vers l’enrôlement militaire qu’on semble vouloir lui faire prendre. Tout l’indique : les partenariats, les discours, les dispositifs, les injonctions. Nous nous inquiétons aussi de voir valorisée comme voie d’insertion une orientation militaire qui sera bientôt imposée à de nombreux demandeurs d’emploi, dont nos jeunes à la sortie du système scolaire.
Nous avons également insisté sur l’usage récurrent du Pôle Académique Valeurs de la République comme instance de validation automatique et sans débat. Qu’il s’agisse du livret d’extrême droite « Passeport du civisme » – que nous dénoncions à l’automne – qui prétend définir la citoyenneté à travers une grille idéologique, ou de la conférence du « père des drones », dont la portée politique et symbolique est évidente, le Pôle valide sans difficulté. Nous devons les interroger directement à ce sujet, car il n’est pas acceptable que cet outil institutionnel serve de parapluie administratif pour des choix qui engagent l’école dans une direction que nous contestons. La Rectrice prévoit donc une rencontre dans le cadre du prochain CSA.