« Le dialogue social » avec les chefs d’établissement nous fait tousser.

Le Ministère du Travail définit le dialogue social comme « l’ensemble des négociations, des consultations et des échanges d’informations entre les employeurs et les représentants des salariés ». Une définition claire, simple, qui repose sur un principe fondamental : la représentativité. Autrement dit, le dialogue social n’a de sens que lorsqu’il s’exerce entre des acteurs désignés par les personnels, dans un cadre transparent, avec des mandats légitimes.

Alors, une question s’impose : qu’est-ce que ce mystérieux “groupe Blanchet” qui semble intervenir dans la conduite des politiques académiques ? Un groupe consultatif… mais consultatif de qui ?

Selon le Ministère, ce groupe composé de chefs d’établissement -et parfois de leurs représentants syndicaux (sic)- serait chargé d’un « suivi » de la mise en place de certains dispositifs, en lien direct avec les autorités académiques. Le recteur pourrait ainsi connaître « en temps réel » les réactions des personnels de direction et de leurs représentants, tout en recevant des propositions ou avis jugés utiles à la bonne marche du dispositif.

Sur le papier, cela ressemble à un mécanisme d’appui technique. Dans les faits, cela ressemble surtout à un espace de concertation parallèle, opaque, non élu, non désigné, et dont les prérogatives semblent dépasser largement un simple rôle d’observation.

Pour la CGT, la question est simple : qui a désigné ces membres ? Les chefs d’établissement, comme tous les personnels, disposent d’une représentation en CSA. Ils élisent leurs représentants tous les quatre ans, et ce sera le cas en décembre 2026.

Pourquoi, alors, un groupe consultatif des personnels de direction intervient-il en dehors de ce cadre démocratique ? Pourquoi rien, dans les textes, ne précise comment ses membres sont choisis, sur quelle base, avec quelle légitimité ? Ont-ils, ne serait-ce que, celle de leurs pairs ?

Un accès privilégié à des informations… que les représentants élus n’ont pas et devraient avoir : RCD, contrôle des arrêts maladie, relations avec les collectivités…

Pour la CGT, c’est une anomalie majeure. Le dialogue social n’est pas une faveur accordée par l’administration. C’est un droit. Et lorsqu’il est contourné, dévoyé ou confisqué, il faut mettre le pied dans la porte. Ou alors, il ne faut pas l’appeler dialogue social, ni même légitimer et imposer des décisions de haut niveau par les bavardages qui s’y conduisent.

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