Nous avons d’abord rappelé la progression continue du nombre d’enseignants contractuels dans le 2nd degré. La hausse est nette : +4,6 % sur l’année scolaire 2024‑2025, pour atteindre 12,46 % de contractuels. Cette tendance n’est plus un phénomène conjoncturel : c’est une installation durable de la précarité dans la fonction publique.
Pour la CGT, cette précarisation est une stratégie politique globale. Pourtant, elle se heurte à la réalité quotidienne : aucune personne en dehors de la sphère politique ne défend ce modèle. Aucun chef d’établissement, aucun inspecteur, aucun « grand chef » au rectorat. Tous, dans leurs discours, promeuvent l’emploi titulaire — mais sans volonté politique derrière pour y parvenir réellement.
C’est précisément pour cela que nous demandons depuis des années une liste claire, par discipline, du nombre de contractuels, afin de dessiner un plan de déprécarisation. Nous savons que certaines disciplines sont très au‑dessus de la moyenne, avec plus de 20 % de contractuels. Sans cette cartographie, impossible de mener un travail sérieux dans le cadre du dialogue social.
Un plan de déprécarisation : ce que nous avons proposé au recteur
Oui, la CGT revendique la titularisation sans condition de tous les personnels contractuels. Mais dans l’attente d’une très grande victoire, il faut agir maintenant. Nous avons donc proposé au nouveau recteur une méthode simple et efficace :
- Identifier précisément les disciplines les plus contractualisées.
- Fixer des objectifs annuels de en commençant par les disciplines les plus concernées.
- Permettre aux collègues des « disciplines cibles » de préparer le concours dans de bonnes conditions, en aménageant leur temps de travail, en priorisant l’accès à la formation etc… En effet, 49,2 % des contractuels ont plus de 30 ans, âge où la conciliation des contraintes personnelles et professionnelles rendent la préparation au concours particulièrement difficile.
- Suivre les taux de réussite des contractuels aux concours, indicateur absent du RSU mais indispensable pour évaluer et ajuster le plan.
Nous pensons pouvoir dire que les décideurs, de l’autre côté de la table, ont tous acquiescé. Le recteur a reconnu qu’au‑delà du sujet global de l’attractivité, il y avait matière à agir pour accompagner davantage les contractuels. C’est un premier pas. Et la CGT met ses chaussures de marche.
