La présentation de la feuille de route RH a révélé un décalage profond entre la communication institutionnelle et la réalité vécue par les personnels. Les indicateurs affichés comme « verts » ne reflètent rien en réalité. Ils ne mesurent que ce que l’administration veut mesurer. Ils évaluent la maîtrise technique des processus, presque indépendamment des résultats concrets. Mécaniquement, l’administration se garantit des résultats flatteurs. Nous voulons bien reconnaître un biais de perception étant donné notre travail au quotidien auprès des personnels, mais nous sommes bien placés pour dire que la maltraitance institutionnelle existe et perdure. D’ailleurs, en réponse, Madame la Rectrice le reconnaît elle‑même : ce n’est pas parce que les services se satisfont de quelques points qu’on nie le mal‑être, et il y a d’autres éléments qui n’y figurent pas. On n’ignore pas les autres critères, on les traite.
On en doute. Ce que la feuille de route ne montre pas, ce sont les souffrances ordinaires des personnels. Elles sont massives et documentées. Les erreurs ou retards de paie pour les personnels précaires deviennent une tradition. Une quantité de demandes d’adaptation au poste de travail restent insatisfaites, et nous avons d’ailleurs dénoncé l’opacité autour de cela. Et nous pourrions empiler très haut les exemples de ce qui ne va pas du tout.
La CGT a à nouveau exigé que les F3SCT disposent enfin d’éléments concrets pour expertiser la gestion RH du Rectorat et des DSDEN. Tant que la feuille de route RH restera un exercice d’autosatisfaction administrative, elle ne pourra ni répondre aux besoins des personnels ni améliorer leurs conditions de travail.