Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail
(F3SCT) du 07/04/2026
Déclaration liminaire – CGT-EducAction-83
Le 3 février dernier notre profession a été frappée avec l’attaque au couteau sur notre collègue enseignante d’Arts plastiques au collège de la Guicharde à Sanary.
C’est d’ailleurs sur le mot d’ordre « Pas un drame de plus dans l’Education Nationale, Exigeons des moyens pour exercer nos métiers que dans le cadre intersyndical la CGT Educ’Action a appelé au rassemblement qui a eu lieu Jeudi 12 Mars devant la DSDEN et à la Manifestation du Mardi 31 Mars.
En effet, nous déplorons une nouvelle fois le manque criant de moyens humains dans nos établissements : absence ou présence trop rare d’infirmier·ères scolaires, manque de personnels médico-sociaux et éducatifs, nombre d’AEd insuffisant. Sur ce point plusieurs établissements de notre département réclament des moyens AED supplémentaires comme le collège Cousteau à la Garde avec une pétition signée conjointement par les personnels et parents d’élèves ou bien le collège L’herminier à la Seyne où les personnels font face depuis plusieurs mois à une montée des incidents, certains espaces ne pouvant pas être surveillés, car la vie scolaire est à bout du fait d’un nombre insuffisant AED. Non, les professeurs ne peuvent se substituer à des spécialistes formées et dédiés à la santé mentale. Non les enseignants ne peuvent pas encore une fois être pris pour des « roues de secours » d’une institution défaillante. Cela va créer encore plus de tensions et de disfonctionnement, dont les enseignants pourraient d’ailleurs faire les frais, accusés potentiels de ne pas avoir pu déceler des problèmes en amont.
Ces carences en adultes dans les établissements fragilisent à la fois la scolarité des élèves et le travail des personnels. Tout ceci va à l’encontre d’un travail de prévention efficace et continu sur le long terme et, faute de moyens et de coordination suffisante, trop d’enfants se retrouvent dans des classes surchargées où leurs difficultés, bien qu’identifiées, ne peuvent pas être réellement prises en charge. Nous craignons également que le contexte budgétaire et les choix politiques mettent à mal les conditions de mise en œuvre des préconisations issues de nos instances et plus largement les conditions de travail des personnels. La multiplication des services partagés, les effectifs pléthoriques et le manque de moyens pour l’inclusion sont des facteurs d’épuisement et de souffrance au travail. Ce sont les causes d’un système scolaire qui sacrifie aussi les conditions d’études des élèves.
Au-delà des moyens, nous relevons trop fréquemment la sérieuse carence de l’administration en matière de réponse sérieuse, structurée et respectueuse du droit du travail. Comme nous le disons souvent, et nous le redisons ici : notre administration fait primer la continuité du service public sur nos droits de travailleur·ses. Une vision étriquée du Code de l’Education prime sur le Code du Travail et ce n’est pas acceptable. Car ces postures sacrifient ET les conditions de travail de nos collègues, ET le droit des élèves à étudier, à vivre leur scolarité dans de bonnes conditions.
Ces conditions entrainent aussi de plus en plus de rancœurs dans les établissements scolaires de la part de parents, de fait insatisfaits des conditions d’accueil de leur enfant, contre les personnels qui tentent dans ce marasme de faire au mieux leur travail. Nous vous demandons rappeler aux IEN et chefs d’établissement qu’elles et ils ont la responsabilité d’accompagner nos collègues lorsque celles-ci et ceux-ci vont porter plainte. Cet accompagnement est à la fois une mesure de soutien pour les collègues eux-mêmes et un signal fort vis-à-vis des parents.
Le laisser-faire est de moins en moins accepté aussi par nos collègues. Cela a trop duré !
L’agression dramatique, de notre collègue professeure d’art plastique, est un dramatique extremum d’un contexte où les personnels sont exposés à des risques croissants, sans que l’employeur ne mette en place une politique de prévention digne de ce nom.
En matière de prévention, force est de constater que notre ministère n’a pas mis en place de politique de prévention structurée pour protéger l’ensemble de ses personnels. Ce n’est pas la CGT seulement qui le dit mais aussi la Cour des comptes dans un rapport publié le 12 décembre dernier, celle-ci pointe également un manque de suivi des risques psychosociaux et l’absence de mesures adaptées pour les enseignants les plus âgés…
Pour la CGT, l’explosion des risques psycho-sociaux, qui représentent au passage plus de 60% des inscriptions au RSST sur l’application PGR depuis le début de l’année scolaire dans notre académie et 80 % dans le Var, est en partie la conséquence d’une politique d’inclusion scolaire non maîtrisée. Or l’inclusion scolaire s’accomplit généralement sans aucune contrepartie, ni humaine, ni matérielle, ni de formation avec parfois un ou une AESH en temps partagé. Et peu importe le profil de la classe, chargée ou non, classe à multi-niveau, isolée ou en REP ou REP+.
L’étude des fiches montre que cette inclusion nécessaire mais sans moyen est un drame pour tous : les élèves eux-mêmes, leurs camarades, les collègues.
Cette défaillance de la prévention se retrouve sur d’autres sujets, ainsi un article récent de Médiapart titrait l’Education Nationale s’enfonce dans le déni de l’amiante. Et c’est bien de cela qu’il s’agit quand l’on voit que nous sommes en mars 2026 et que le fameux plan amiante 2025-2027 mis en place par l’Education Nationale, censé faire un état des lieux complet sur ce sujet ne nous permet toujours pas d’avoir accès à l’ensemble des DTA des établissements.
Certes la CGT se félicite de la nomination d’une référente académique amiante et bâti scolaire mais nous demandons que rapidement les DTA de l’ensemble des établissements soient communiqués aux membres de la Formation Spécialisée sous forme d’une plateforme de dépôt par exemple.
De plus, la CGT rappelle comme à chaque instance que chaque site doit disposer d’un Dossier Technique Amiante à jour, avec fiche récapitulative. Ces documents doivent être accessibles aux personnels, aux usagers et aux organisations syndicales. Tout travail, y compris de maintenance, doit faire l’objet d’un repérage amiante préalable. Pour chaque agent exposé, une fiche d’exposition et un suivi médical doivent être établis !
Concernant les outils de la prévention, la CGT se félicite que l’application PGR puisse enfin entrer en fonction. Cependant nous regrettons qu’il ait fallu 6 mois pour paramétrer les accès pour les membres des Formations Spécialisées, alors que sur l’académie d’Aix Marseille cela a été immédiat. Il convient maintenant que vous communiquiez massivement pour favoriser l’expression des collègues. Nous sommes tous des pédagogues : La répétition est la clé de la transmission des connaissances.
Il faut également sensibiliser davantage les chefs d’établissements, IEN ou chefs de service aux différents outils de prévention. Pour l’instant c’est loin d’être le cas comme nous le montre par exemple les résultats de l’enquête sur la mise en place des CHS dans les établissements du Var avec seulement une douzaine d’établissements qui l’avait mise en place sur l’année scolaire 2024/2025, dont 4 qui l’ont réuni deux fois et un seul qui est allé jusqu’à la troisième réunion. Quant à la visite annuelle des locaux un seul compte rendu la mentionne expressément…
Plus spécifiquement pour le 1er degré, la CGT rappelle sa revendication que puissent être mis en place des CHS de circonscription.
A propos des fiches Santé-Sécurité au Travail (SST), nous vous remercions d’avoir accédé à notre demande de pouvoir disposer des tableaux synthétiques de suivi des fiches Santé-Sécurité au Travail (SST) en amont du dernier groupe de travail.
Toujours dans l’optique d’élaborer des préconisations relevant de la prévention primaire, la CGT-Educ’Action83 réitère sa demande que l'étude des fiches Santé-Sécurité au Travail (SST) puisse être réalisée en ayant systématiquement les informations relatives au nombre d'élèves par classe et à l'existence d'un accompagnement ou pas des élèves. De même la CGT demande une meilleure prise en compte du degré de satisfaction des collègues qui ont rédigé une fiche Santé-Sécurité au Travail par rapport aux réponses qui ont pu leur être apportées, sous la forme par exemple d’une enquête ou d’un questionnaire de suivi à l’issue de la clôture de la fiche.
La CGT souhaite insister une nouvelle fois sur la prolifération des dispositifs de localisation du type AirTag dans les écoles du département. Nous réitérons notre demande pour que des consignes claires soient données aux IEN concernant l’interdiction, a minima, des dispositifs équipés d’enregistreurs sonores.
Il n’est pas concevable que les collègues et les autres élèves continuent de travailler en classe en étant enregistrés en permanence ! Cela pose non seulement des problèmes de confidentialité, mais aussi de conditions de travail !
Pour ce qui est des personnels administratifs, nous sommes satisfaits que vous ayez accédé à notre demande de mise en place d’une enquête sur la dégradation des conditions de travail lié au logiciel OPALE, même si dans une véritable démarche SST il aurait fallu faire cette étude d’impact avant un déploiement généralisé, cela aurait sans doute évité beaucoup de souffrances aux personnels concernés.
Avant de conclure, nous souhaitons toujours connaitre quelles sont les dispositions que vous avez pu impulser afin de prévenir en fin d’année scolaire les risques liés à une éventuelle canicule 2026.
Enfin pour terminer la CGT déplore toujours le manque d’une information régulière et détaillée de la Formation Spécialisée, concernant les Accidents du Travail et les Maladies Professionnelles survenus dans le département. De plus nous demandons que des enquêtes en cas d’accident grave puissent être déclenchées systématiquement et le plus rapidement possible.